Choisir son prestataire

Choisir un prestataire web pour un club, un port ou une école nautique : 8 questions à poser


Un club de voile change de bureau tous les deux ou trois ans. Un port change de capitaine, une école de chef de base. Le site, lui, doit survivre à tous ces passages de relais. C'est pour ça que le choix du prestataire compte plus que le choix du design — et qu'il se joue sur quelques questions simples, à poser avant de signer.

Je suis développeur web à Vannes, et je navigue. Ce sont les questions que je poserais moi-même à n'importe quel prestataire, agence ou indépendant, moi compris. Pour chacune, je donne ce que je réponds de mon côté : vous pourrez comparer.

1. Le site et le nom de domaine seront-ils à notre nom ?

C'est la question la plus importante, et la moins posée. Dans beaucoup d'associations, le nom de domaine a été acheté par un bénévole parti depuis, ou par l'ancien prestataire, sur son propre compte. Le jour où il faut changer quelque chose, plus personne n'a les accès.

Ce qu'il faut obtenir par écrit : le nom de domaine déposé au nom de la structure, les accès à l'hébergement, et le code source remis. Si vous changez de prestataire un jour, vous partez avec tout.

Ma réponse : le domaine est déposé à votre nom dès le début du projet, et le code source vous appartient sans condition.

2. Quel est le prix ferme, et qu'est-ce qui n'est pas compris ?

Un devis sérieux dit ce qu'il contient, mais aussi ce qu'il ne contient pas. Les mauvaises surprises arrivent presque toujours par là : les photos, la rédaction des textes, les traductions, l'hébergement après la première année.

Demandez un périmètre écrit, un calendrier et un prix qui n'évolue plus ensuite, sauf si c'est vous qui élargissez le projet. Pour un club, c'est aussi ce qui permet de présenter un budget clair en assemblée générale.

Ma réponse : mes tarifs de départ sont publics, et le détail de ce que coûte un site de club est dans cet article sur le prix d'un site de club de voile.

3. Qui pourra mettre le site à jour, et comment ?

Le site sera tenu par des bénévoles, souvent pas les mêmes d'une année sur l'autre, rarement à l'aise avec l'informatique. La vraie question n'est donc pas « aurons-nous un back-office ? » mais « qui, concrètement, publiera les résultats de la régate un dimanche soir, depuis son téléphone ? ».

Méfiez-vous des deux extrêmes : le site figé où chaque date à changer passe par le prestataire, et l'outil d'administration si complet que personne n'ose y toucher. Demandez une démonstration de la mise à jour d'un stage ou d'une actualité, et faites-la faire à la personne qui s'en chargera vraiment.

4. Que se passe-t-il après la mise en ligne ?

Un site a besoin de mises à jour de sécurité, d'un hébergement renouvelé, d'un certificat HTTPS valide. Demandez ce qui est prévu, combien ça coûte par an, et surtout si c'est obligatoire. Un abonnement imposé sans lequel le site s'arrête, c'est une dépendance, pas un service.

Ma réponse : la maintenance est une option, jamais une condition. Un site livré sans maintenance reste un site qui fonctionne.

5. Connaissez-vous le rythme de notre saison ?

Les inscriptions aux stages se concentrent sur quelques semaines au printemps. La capitainerie est débordée en juillet-août. Les résultats de régate doivent être en ligne le soir même. Un site livré fin avril pour une école de voile, c'est un site livré trop tard.

Un prestataire qui connaît le secteur vous proposera de lui-même un calendrier calé sur votre saison. Il n'aura pas besoin qu'on lui explique ce qu'est une jauge, un plan d'eau ou un anneau visiteur, et il saura que la moitié de vos usagers consulteront le site depuis un téléphone, sur le quai, avec une connexion moyenne.

6. Comment serons-nous trouvés sur Google ?

« Le site sera optimisé pour le référencement » ne veut rien dire. Demandez ce qui est fait concrètement : des pages dédiées à chaque activité (stage enfants, cours adultes, location), des titres et descriptions rédigés page par page, une déclaration à Google Search Console, et la fiche Google de la structure reliée au site.

Pour un club ou une école, la fiche Google compte souvent autant que le site lui-même. J'ai écrit un guide complet sur la fiche Google d'une structure nautique.

7. Que devient notre site actuel ?

Si vous avez déjà un site, il a peut-être une ancienneté et des liens entrants (fédération, office de tourisme, mairie) qui ont de la valeur pour Google. Une refonte mal faite les perd en une nuit : les anciennes adresses renvoient une erreur, et le site repart de zéro dans les résultats.

Demandez comment les anciennes adresses seront redirigées vers les nouvelles. La réponse doit être précise, page par page.

8. Pouvez-vous montrer des mesures sur un site déjà livré ?

Pas des captures d'écran de maquettes : des sites en ligne, que vous pouvez ouvrir sur votre téléphone, et des chiffres que vous pouvez revérifier. Temps d'affichage sur mobile, poids des pages, et ce que le client constate de son côté.

Ma réponse : mes réalisations sont présentées avec leurs mesures et la date du relevé. Le site de Nerida, par exemple, affiche son contenu principal en 1,3 seconde sur un téléphone en réseau moyen.

Agence ou indépendant ?

Les deux peuvent bien faire le travail. La différence tient surtout au nombre d'intermédiaires : dans une agence, vous parlez souvent à un commercial puis à un chef de projet, et la personne qui développe votre site ne vous a parfois jamais rencontré. Avec un indépendant, vous avez un interlocuteur unique, du premier échange à la maintenance. Le revers : demandez ce qui est prévu en cas d'absence, et vérifiez la réponse à la question 1, qui vous protège dans tous les cas.

En résumé

Un bon prestataire répond à ces huit questions sans hésiter, par écrit, avant que le travail commence. S'il élude la propriété du domaine, le prix ferme ou la maintenance, ce n'est pas un détail : c'est exactement là que les ennuis arriveront dans trois ans, quand le bureau aura changé.

Si vous voulez me poser ces questions directement, écrivez-moi. Je réponds personnellement à chaque message.